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Avec fierté et authenticité

Depuis sa transition en 2018, Dee McWatters se donne pour mission de créer un espace de confiance et de confort pour les autres membres transgenres de la communauté du hockey

Mario Annicchiarico
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10 juin 2022
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Pour Dee McWatters, fierté rime avec respect, honneur, détermination, et surtout, acceptation.

En 2018, l’officielle de hockey mineur et gardienne de but de hockey récréatif originaire de Summerland (C.-B.) se dévoile à la communauté et au monde entier en annonçant sa transition d’homme à femme.

Officielle de l’Association de hockey mineur de Penticton et joueuse elle-même, McWatters a surmonté l’adversité grâce au sport.

« Ça va au-delà de mon histoire, confie-t-elle à propos de l’acceptation immédiate que lui a témoignée la communauté. Soyons honnêtes, le milieu du hockey peut être assez macho. Ce n’est pas l’endroit le plus facile où dévoiler son identité de genre.

« Je me rappelle de l’ambiance des vestiaires du temps où j’étais ado. C’était une autre époque. Maintenant, ce sont mes enfants qui entraînent et dirigent les vestiaires. Ils sont bien placés pour instaurer un milieu sans jugements. L’idée, c’est de vivre une expérience sportive ensemble en acceptant les différences. »

« Peut-être que nous avons raté le prochain McDavid, Gretzky ou Ovechkin parce qu’il a abandonné le hockey à 14 ans à cause de l’hostilité de l’environnement, spécule celle qui a aujourd’hui 48 ans. Ce serait vraiment dommage. Personne ne devrait arrêter le sport à cause de son identité. Tout le monde devrait se sentir bienvenu. On se rapproche de ce monde-là. »

McWatters, aussi gestionnaire de l’exploitation chez TIME Family of Wines, tente maintenant de bâtir un espace où règne la confiance pour les autres athlètes transgenres.

Elle se remémore de son dévoilement devant la communauté, après qu’elle se soit acceptée elle-même il y a cinq ans.

« À l’époque, je passais beaucoup de temps à entraîner et à arbitrer à Summerland. Pour que mes activités d’entraîneuse ne soient pas affectées, j’ai confié à l’Association que j’allais transitionner. Je voulais également leur signifier mon soutien, de la même manière que je m’attendais au leur. »

Elle était alors arbitre, mais ne jouait pas.

« J’étais gardienne de but, mais je ne m’intéressais pas vraiment aux ligues de garage. Par contre, j’aimais les arbitrer. C’était un bon exercice et ça me rapportait un peu d’argent. Quelques années plus tard, j’ai arbitré quelques matchs de la ligue de hockey féminin de South Okanagan. Lors de la fête de fin de saison, quelqu’un m’a demandé si je jouais encore.

« J’ai répondu "Pas vraiment. J’entraîne, mais je n’ai pas été devant le filet depuis un moment". On m’a alors dit "Tu es gardienne de but? C’est encore plus important". J’ai expliqué "Gardienne? En fait, je ne suis pas encore une femme à part entière". On m’a répondu "Bien sûr que si. Tu t’identifies comme une femme, donc oui, tu es une des nôtres". »

À partir de cet instant, McWatters a renoué avec son amour pour le jeu et a rejoint une équipe à l’automne 2019.

« Il y avait une seule fille qui me connaissait, et les autres se demandaient "c’est qui la nouvelle? Elle est super. Elle va rester avec nous pour la saison?". Elles m’ont acceptée en tant qu’égale. C’était fantastique. »

Au même moment, elle a entendu parler d’une équipe de joueuses transgenres qui allait à Boston affronter la Boston Pride, une équipe de joueuses gaies, pendant une fin de semaine. Elles avaient un autre évènement planifié l’année suivante, cette fois-ci à Madison, dans le Wisconsin.

« Je voulais aller à Madison, alors j’ai commencé à recueillir de l’argent pour le voyage, et mon initiative a suscité tellement de soutien que je l’ai transformée en collecte de fonds pour des programmes locaux qui accompagnent la jeunesse LGBTQ. Ensuite, la pandémie a frappé et j’ai dû faire une croix sur Madison. Le hockey s’est arrêté pour une saison. La vie a continué son cours, se remémore-t-elle.

« Les choses recommencent à bouger depuis l’année dernière. J’ai organisé une autre collecte de fonds pour aider cinq organisations pour les jeunes et deux bourses pour des athlètes d’écoles secondaires locales, et j’ai fait don d’une partie de l’argent à la Team Trans North America. Je voulais aider les personnes qui n’auraient pas eu la possibilité d’aller en tournoi autrement. »

Elle a finalement pu jouer au Wisconsin l’année dernière, à 47 ans, encouragée de voir des athlètes dans leur vingtaine pratiquer le sport qu’elles aiment sans avoir à cacher leur identité.

McWatters a donné forme à son idée lorsqu’elle a proposé à Hockey C.-B. de créer un programme de formation visant à promouvoir la diversité et à appuyer les associations de hockey.

Elle a récemment rencontré sur Zoom l’Association de hockey mineur de Kamloops, dont la direction compte une de ses amies.

« Une de leurs joueuses [et sa famille] vit le processus de transition, et l’association veut s’assurer que tout est en place pour les accompagner, raconte McWatters, qui s’est naturellement portée volontaire pour aider.

« C’est mon objectif, que personne n’abandonne le hockey. Quiconque aime ce sport ne devrait pas avoir à s’en écarter parce qu’il ou elle n’est pas bien dans sa peau, que ce soit une question d’identité ou de préférence sexuelle. Tout ça ne devrait pas faire de différence. On est simplement là pour jouer à ce sport merveilleux. »

Elle a également arbitré le tournoi provincial des M15 à Kelowna.

« L’arbitre en chef de l’Association de hockey mineur de Penticton a appuyé ma candidature, mais je voulais surtout montrer qu’il y avait des gens comme moi dans le monde du hockey.

« Je suis particulièrement visible. Je n’oublie pas que je suis là pour arbitrer, mais je veux aussi que les gens remarquent mon identité. Peut-être que certains joueurs, entraîneurs ou officiels me verront et réaliseront qu’ils peuvent continuer de jouer au hockey en affirmant leur véritable identité. »

Elle se passionne pour ce sport depuis ses huit ans et a commencé à arbitrer à douze. Aujourd’hui, elle espère faire office de modèle pour les autres. Elle encourage d’ailleurs les gens à lui demander ce qu’ils peuvent faire pour aider les joueurs qui vivent la même expérience.

« Je suis passée par de nombreuses étapes : m’accepter comme je suis, me faire accepter par les autres, transitionner socialement, puis physiquement, partage Dee. J’ai choisi l’hormonothérapie et la chirurgie de réassignation sexuelle, mais ce n’est pas le seul choix valide. C’était le mien. Je vis chaque jour et sans réserve dans la peau de la femme que j’ai toujours été. »

Mario Annicchiarico est un rédacteur pigiste vivant à Victoria. Il a déjà couvert les activités des Oilers d’Edmonton dans la Ligue nationale de hockey et celles de la Ligue de hockey de l’Ouest.

Pour plus d'informations :

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Responsable, communications
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(403) 284-6484 

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Responsable, communications
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